Istvan Kertesz à Vienne

 

Qui se rappelle encore ce chef hongrois – Istvan Kertesz – né en 1929, tragiquement disparu par noyade en 1973, il avait alors 43 ans ?

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Decca regroupe en un coffret de 20 CD + 1 BluRay audio la totalité des enregistrements réalisés par Kertesz à Vienne, essentiellement avec le Philharmonique de Vienne. Tout cela était déjà connu et avait été publié séparément, la nouveauté est la plus-value sonore qu’offre le BluRay des symphonies de Schubert.

On se demande pourquoi Decca a limité ce coffret aux seuls enregistrements viennois, peut-être parce qu’avait déjà un publié un autre coffret très incomplet The London years ? Incomplet parce qu’à deux exceptions près, omettant les symphonies et poèmes symphoniques de Dvorak.

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Réjouissons-nous cependant de retrouver la talentueuse jeunesse d’un chef qui commence à enregistrer à moins de 30 ans. Ses Mozart symphoniques d’abord, d’un bel équilibre, avec les timbres fruités des Viennois, trop sages peut-être, comme si le jeune Hongrois n’osait pas affirmer de partis pris trop prononcés. Mais dans les pages lyriques il est plus à son affaire : je ne connaissais pas le double CD intitulé Mozart Opera Festival où Kertesz livre une sorte de best of des opéras les plus connus de Mozart avec une des plus belles équipes qui se puisse rêver au milan des années 60, Lucia Popp, Brigitte Fassbaender, Werner Krenn, Tom Krause et Manfred Jungwirth ! On retrouve avec bonheur l’une des versions de référence de La Clémence de Titus, avec un casting rarement égalé dans cet ouvrage, les Popp, Fassbaender, Krenn déjà nommés et bien sûr Teresa Berganza et Maria Casula. Le Requiem est moins indispensable, à cause d’une direction empesée, des choeurs pas très bien chantants et un curieux quatuor de solistes (Elle Ameling, Marilyn Horne, Ugo Benelli et Tugomir Franc).

De la même époque date le Don Pasquale de Donizetti, où la direction vive, pétillante de Kertesz anime un fabuleux ensemble dominé par le grand Fernando Corena.

J’ai toujours placé parmi mes préférées l’intégrale des symphonies de Schubert de Kertesz, qui exalte comme personne cette Gemütlichkeit si typique de Vienne, Gemütlichkeit étant difficile à traduire, comme un sentiment de bien-être, le confort de l’intimité.

Je suis plus perplexe sur les symphonies de Brahms : la Deuxième est une réussite, mais la Troisième, qui a résisté à bien des baguettes, ne trouve pas son chemin dans le geste hésitant de Kertesz. La Première et la Quatrième se laissent écouter sans déplaisir, mais sans nous convaincre tout à fait.

J’ai gardé pour la fin la première version de la 9ème symphonie de Dvorak, la Nouveau Monde, que Kertesz a gravée à Vienne en 1961, bien avant son intégrale londonienne. Sans doute l’une de mes versions préférées.

jeanpierrerousseaublog.com

Auteur : JPRousseau

Globetrotter, world traveler

2 réflexions sur « Istvan Kertesz à Vienne »

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