Mariss Jansons (1943-2019) : une discographie

Le grand chef letton, Mariss Jansons,disparu le 1er décembre 2019 à 76 ans, a laissé une discographie abondante, dominée par quelques compositeurs, où figurent nombre de reprises avec les orchestres dont il eut successivement la direction musicale, essentiellement l’orchestre philharmonique d’Oslo, le Concertgebouw d’Amsterdam et l’orchestre de la Radio bavaroise

BEETHOVEN

Avant d’en réaliser une intégrale en concert, partagée entre Tokyo et Munich au début des années 2010, Mariss Jansons avait peu abordé Beethoven.

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BRAHMS

Comme presque toujours, on préfèrera ici les premiers enregistrements des symphonies de Brahms, réalisés à Oslo, publiés par le label Simax. Jansons y déploie autant d’énergie que de lyrisme, un souffle qui nous semble absent des dernières gravures faites à Munich.

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BRUCKNER 

Mariss Jansons a abordé Bruckner relativement tard dans sa carrière. Comme je l’écrivais (Mariss Jansons, la grande traditionje n’avais pas été très convaincu par une 3ème symphonie de Bruckner qu’avaient donnée Jansons et le Concertgebouw à Lucerne il y a quelques années. J’ai le sentiment que le chef se laisse porter par la magnificence sonore des phalanges qu’il dirige (Amsterdam, puis Munich) sans prendre de véritable parti interprétatif.

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CHOSTAKOVITCH

On ne grandit pas impunément à l’ombre et aux côtés de Mravinski, le créateur de la plupart des grandes symphonies de Chostakovitch, Mariss Jansons n’est pas spontanément cité comme une référence dans ce corpus, au même titre que Kondrachine, Haitink ou Rojdestvenski. À tort, parce que l’intégrale réalisée sur une vingtaine d’années, avec les plus grandes phalanges, est philologique, idiomatique, parce qu’elle rend universel le génie de Chostakovitch.

 

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Symphonie n°1 : Orchestre philharmonique de Berlin/BPO (1994)

Symphonie n°2 : Orchestre de la Radio bavaroise/BRSO (2005)

Symphonie n°3 : BRSO (2005)

Symphonie n°4 : BRSO (2004)

Symphonie n°5 : Orchestre philharmonique de Vienne/VPO (1997)

Symphonie n°6 : Orchestre philharmonique d’Oslo/OPO (1991)

Symphonie n°7 : Orchestre philharmonique de Leningrad (1988)

Symphonie n° 8 : Orchestre symphonique de Pittsburgh (2001)

Symphonie n°9 : OPO (1991)

Symphonie n°10 : Orchestre de Philadelphie (1994)

Symphonie n°11 : Orchestre de Philadelphie (1996)

Symphonie n°12 : BRSO (2004)

Symphonie n°13 : Sergei Aleksashkin, basse BRSO (2005)

Symphonie n°14 : Larissa Gogoievskaia, Sergei Aleksashkin, BRSO (2005)

Symphonie n°15 : Orchestre philharmonique de Londres (1997)

 

DVORAK

Le lyrisme bohémien de Dvorak a toujours bien convenu au chef letton, particulièrement dans ses premières gravures norvégiennes.

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MAHLER

J’ai toujours trouvé Jansons plus à l’aise dans Mahler et ses vastes fresques que dans Bruckner. Même si on observe de manière plus flagrante ici que dans d’autres répertoires, d’un orchestre (Oslo puis Amsterdam) à l’autre (Munich), et d’une décennie à l’autre, un alentissement général, la dilution de l’énergie interne, l’abandon à un certain hédonisme sonore, mais Mahler supporte ces différents traitements. On écoutera d’abord les premiers enregistrements d’Oslo. Magnifiquement captés. Ceux que l’on préfère.

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RICHARD STRAUSS

Mariss Jansons est venu relativement tard à Richard Strauss. On a le choix entre les versions données à Amsterdam ou à Munich, pratiquement contemporaines.

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En janvier paraîtra le dernier enregistrement de Mariss Jansons, avec les Vier letzte Lieder chantés par Diana Damrau.

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LA MUSIQUE FRANÇAISE

Jansons s’en est tenu aux grands classiques de la musique française, mais sa Symphonie fantastique de Berlioz, enregistrée en 1991 au Concertgebouw, est régulièrement en tête des écoutes anonymes.

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Toujours au Concertgebouw, il a parfois abordé Debussy, Ravel, et même Dutilleux.

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LES RUSSES

Mariss Jansons a véritablement émergé sur la scène discographique internationale avec son intégrale des symphonies de Tchaikovski, magnifiquement enregistrée à Oslo entre 1984 et 1986. Là encore, dans les écoutes comparées, Jansons arrive en tête.

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Autre sommet de la discographie ‘jansonienne », les symphonies et poèmes symphoniques de Rachmaninov qui bénéficient des couleurs idéales de l’orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg.

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Ce n’est que récemment que Jansons avait abordé le chef-d’oeuvre choral Les Cloches de Rachmaninov, livrant au passage une troisième version des Danses symphoniques (après Saint-Petersbourg et Amsterdam, cf. supra)

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Quant à Stravinsky, trois fois Jansons a remis sur le métier les grands ballets, à Oslo, à Amsterdam et à Munich. La somptuosité des timbres amstellodamois l’emporte ici.

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Quant à Prokofiev, Jansons n’en a gravé que la 5ème symphonie, mais sa première version à Leningrad est une référence absolue.

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Chemins de traverse

Etrangement, Jansons n’a pas beaucoup enregistré de musiques nordiques. Dommage quand on entend les quatre symphonies de Sibelius gravées à Oslo (il a repris la Deuxième à Amsterdam et Munich)

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Il laisse une version de référence des deux symphonies du Norvégien Johan Svendsen (1840-1911)

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Plus surprenants, ces deux disques consacrés à Arthur Honegger et Kurt WeillDans Honegger on peut préférer la flamboyance d’un Karajan. Mais ce double album est passionnant.

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En attendant que Warner rende l’hommage qui lui est dû à Mariss Jansons, en rassemblant dans un coffret la totalité des enregistrements du chef pour EMI, on trouvera des pépites dans le coffret que la radio néerlandaise a édité, qui reprend nombre de concerts donnés au Concertgebouw et qui n’ont pas tous été publiés séparément.

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Berlioz Symphonie fantastique

Ravel La Valse

Lutoslawski Concerto pour orchestre

Tchaikovski Symphonie n°6

Bartok Concerto pour orchestre / Musique pour cordes percussion et célesta

Mahler Symphonie n°7

Hindemith Métamorphoses symphoniques

Wagemans Moloch

R.Strauss Till Eulenspiegel / Mort et Transfiguration

Webern Im Sommerwind

Brahms Symphonie n°1

Schumann Symphonie n°1

Sibelius Symphonie n°1

Beethoven Symphonie n°5 / Ouv.Egmont

Schoenberg Un survivant de Varsovie

Moussorgski Chants et danses de la mort (Ferruccio Furlanetto)

Janacek Tarass Bulba

Gubaidulina Le Festin pendant la peste

Stravinsky Capriccio pour piano (Emanuel Ax) / Symphonie de psaumes

Varèse Amériques

Messiaen Hymne au Saint-Sacrement

Rossini La pie voleuse ouv.

Berio Quatre dédicaces

Poulenc Concerto pour orgue (Leo van Doeselaar)

Andriessen Mysterien

Rachmaninov Symphonie n°2

Wagner Prélude et mort d’Isolde

Bruckner Symphonie n°3

Martinu Concerto pour violon n°2 (Frank Peter Zimmermann)

Prokofiev Symphonie n°5

Le label de la radio bavaroise BR Klassik a, lui, réédité en coffret une dizaine d’enregistrements récents en format SACD.

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jeanpierrerousseaublog.com

 

 

 

BEETHOVEN 2020 : THE NEW COMPLETE EDITION

À plus d’un an du 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770), les éditeurs fourbissent déjà leurs coffrets. Le premier à dégaîner Universal (Deutsche Grammophon Decca) propose rien de moins qu’une nouvelle édition complète de l’oeuvre intégrale du compositeur allemand en 118 CD, 3 Blue Ray, 2 DVD.

Ne pas croire cependant qu’il s’agit de nouveaux enregistrements, sauf pour certaines raretés. Plutôt d’une habile compilation du fonds considérable accumulé par la Deutsche Grammophon, Philips et Decca. Minutages très généreux (souvent supérieurs à 80′).

3 Blue Ray Audio avec les symphonies de Karajan (1961-63), les sonates pour piano de Kempff et les quatuors par les Amadeus. 2 DVD (Fidelio/Bernstein et les symphonies 4 et 7 dirigées par Carlos Kleiber au Concertgebouw)

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Détails du coffret :

ORCHESTRAL MUSIC

CD 1 Symph. 1,2, Ouv. Les Créatures de Prométhée, Leonore III / Riccardo CHAILLY, LGO*

CD 2 Symph.3,4 / Claudio ABBADO BPO*

CD 3 Ouv. Coriolan / CHAILLY LGO, Symph.5 / Carlo Maria GIULINI LAPO*; Symph.6 ABBADO BPO

CD 4 Symph.7 / Andris NELSONS VPO*, Symph.8 Ouv. Zum Namensfeier CHAILLY LGO

CD 5 Symph.9 / Herbert von KARAJAN BPO Tomowa-Sintow, Baltsa, Schreier, Van Dam

CD 6 Symph.1,2 / Leonard BERNSTEIN VPO, Egmont, extraits / George SZELL VPO, Pilar Lorengar

CD 7 Symph.3 / Pierre MONTEUX VPO, Symph. 4 / Hans SCHMIDT-ISSERSTEDT VPO

CD 8 Symph.5,7 / Carlos KLEIBER VPO

CD 9 Symph.6 / Karl BÖHM VPO, Symph.8 NELSONS VPO

CD 10 Symph.9 / BERNSTEIN VPO Jones, Schwarz, Kollo, Moll

CD 11-15 Symphonies + Fantaisie chorale / John Eliot GARDINER, ORR*, Orgonasova, von Otter, Rolfe-Johnson, Cachemaille

CD 16 Conc.piano mi M WoO 4 / Ronald BRAUTIGAM, Andrew PARROTT, OS Norköpping, Conc.p. 2 / Martha ARGERICH, Gabriel CHMURA, OSI*, Conc.p.1 / ARGERICH, Seiji OZAWA, Mito Chamber Orchestra

CD 17 Conc.p.3, 4 / Alfred BRENDEL, Simon RATTLE VPO

CD 18 Conc.p.5 / Krystian ZIMERMAN, BERNSTEIN VPO, Conc.violon / Vadim REPIN, Riccardo MUTI VPO

CD 19 Conc.vl / Anne Sophie MUTTER, KARAJAN BPO, Romances violon 1,2 / MUTTER Kurt MASUR NYPO*, Romance cantabile WoO 207, Patrick GALLOIS, Myung Wung CHUNG Philharmonia

CD 20 Conc.p.1 / Rudolf BUCHBINDER, Christian THIELEMANN BPO, Conc.p.2 / Friedrich GULDA, Horst STEIN VPO, Rondo p.WoO 6 / Sviatoslav RICHTER, Kurt SANDERLING, VSO*

CD 21 Conc.p.3, Fantaisie chorale / Maurizio POLLINI, ABBADO BPO, Conc.p.4 POLLINI BÖHM VPO

CD 22 Conc.p.5 / Wilhelm KEMPFF Ferdinand LEITNER BPO, Conc.p.ré M (transcription conc.vl.) / Daniel BARENBOIM ECO*

CD 23 Triple concerto / Trio CHUNG Philharmonia, Mvt conc.vl. WoO 5 / Gidon KREMER, Emil TCHAKAROV LSO*, MOZART Conc.p.20 (cadences I et III Beethoven) / Rudolf SERKIN, ABBADO LSO

Abréviations :

ASMIF : Academy of Saint Martin in the Fields

BBCSO : Orchestre symphonique de la BBC

BPO : Orchestre philharmonique de Berlin

ECO : English Chamber Orchestra

LSO : Orchestre symphonique de Londres

ORR : Orchestre Révolutionnaire et Romantique

OSI : Orchestre de la Suisse italienne

RCO : Royal Concertgebouw Orchestra Amsterdam

RPO : Royal Philharmonic Orchestra, London

VPO : Orchestre philharmonique de Vienne

VSO : Orchestre symphonique de Vienne

MUSIC FOR THE STAGE

CD 24 Ballet des chevaliers WoO 1 / KARAJAN BPO, Les Créatures de Prométhée / Orpheus Chamber Orchestra

CD 25 Menuets WoO 7, Danses allemandes WoO 8 / Neville MARRINER, ASMIF*, Contredanses WoO 14 / Lorin MAAZEL BPO, Ländler WoO 15 / Karl-Anton RICKENBACHER Bayerische Kammerphilharmonie, Marches / Hans PRIEM-BERGRATH BPO

CD 26 Egmont musique de scène / ABBADO BPO Studer Ganz, Les Ruines d’Athènes musique de scène Bernhard KLEE BPO Auger Hirte Crass, Gratulations-Menuett WoO 3 KARAJAN BPO

CD 27 Le Roi Etienne ou le premier bienfaiteur de la Hongrie op.117 / CHUNG Santa Cecilia Rome, Tarpeja Marsch WoO 2a / Andrew DAVIS BBCSO*, L’inauguration de la maison op.134, Leonore Prohaska WoO 36 / ABBADO BPO McNair

CD 28-29 Leonore ou le triomphe de l’amour conjugal / GARDINER ORR Miles, Martinpelto, Begley, Hawlatha, Oelze, Schade

CD 30-31 Fidelio / ABBADO Lucerne Festival Orchestra Mattei Struckmann Kaufmann Stemme 

KEYBOARD MUSIC

CD 32 Sonates 1,2,3 / POLLINI

CD 33 Sonates 4 / Emil GILELS, 5 / Zoltan KOCSIS, 6 / Claudio ARRAU, 8 / Stephen KOVACEVICH

CD 34 Sonates 7 / ARRAU, 9,11 / BRENDEL, 10 / Vladimir ASHKENAZY

CD 35 Sonates 12, 15 / BRENDEL, 13 / GILELS, 14 / Nelson FREIRE, 19 / Radu LUPU

CD 36 Sonates 16 / BRENDEL, 17 / ARRAU, 18 / KOVACEVICH, 20 / LUPU

CD 37 Sonates 21,23,25 / GILELS, 22 / BRENDEL, 24 / ASHKENAZY

CD 38 Sonates 26,27,29 / GILELS

CD 39-40 Sonates 28-32 / POLLINI

CD 41 Sonates 8 / LUPU, 14 / Murray PERAHIA, 17 / Hélène GRIMAUD, 21 / FREIRE

CD 42 Sonates 23 / Friedrich GULDA, 26 / Evgueni KISSIN, 29 / PERAHIA

CD 43 Sonates 30 / GILELS, 31 / BRENDEL, 32 / Mitsuko UCHIDA

CD 44 Bagatelles op.33 / Alicia de LARROCHA, Bagatelles op.119 / BRENDEL, Bagatelles op.126 / KOVACEVICH, Bagatelle WoO 56 / Mikhail PLETNEV, Lettre à Elise / LANG LANG, Pièces WoO 54,60,81,214 / Gianluca CASCIOLI

CD 45 Kurfürsten-Sonaten WoO 47 / GILELS, Jörg DEMUS, Rondos WoO 48,49, Bagatelle WoO 52 / PLETNEV, Sonatines WoO 50,51, Allegretto Wo0O 52 / CASCIOLI, Andante favori WoO 57 / Alice Sara OTT, Rondo a capriccio « Colère sur un sou perdu » / Anatol UGORSKI

CD 46 Rondos op.51 / LUPU, Fantaisie op.77 / CASCIOLI, Polonaise op.89 / Julius KATCHEN,  Menuets WoO 10 / PLETNEV, Pièces WoO 11,13,55,61,82,84,85,86 / CASCIOLI, Ecossaises WoO 83 / KEMPFF, Menuet WoO 218 / LANG LANG

CD 47 Variations Wo0 54,63,65,68 / PLETNEV, WoO 66 / CASCIOLI, WoO 69 / Olli MUSTONEN, WoO 71 / ASHKENAZY

CD 48 Variations WoO 72,73,75,76,77 / CASCIOLI, Variations op.34 / PLETNEV, Variations Eroica / GILELS

CD 49 Variations WoO 78,79,80 / MUSTONEN, Variations op.76 / CASCIOLI, Variations Diabelli / KOVACEVICH

CD 50 Variations Diabelli / BRENDEL, Variations Eroica / Clifford CURZON

CD 51 Variations WoO 67 / Arthur & Lucas JUSSEN, Sonate op.6 / Christoph ESCHENBACH, LANG LANG, Marches op.45, Grande fugue op.134, Variations op.74 / Norman SHETLER, DEMUS, Pièces pour orgue mécanique / Simon PRESTON, Variations WoO 64, Marisa ROBLES harpe

CHAMBER MUSIC

CD 52 Sonates violon piano 1-4 / KREMER ARGERICH

CD 53 Sonates vl.p.5,6 / Itzhak PERLMAN ASHKENAZY, Variations WoO 40, Rondo WoO 41/ Yehudi MENUHIN KEMPFF, Danses allemandes WoO 42 / David GARRETT Bruno CANINO

CD 54 Sonates  vl.p. 7,9 / MUTTER Lambert ORKIS

CD 55 Sonates vl.p.8,9,10 / Augustin DUMAY Maria Joao PIRES

CD 56-57 Sonates et variations violoncelle piano / Misha MAISKY ARGERICH

CD 58 Variations flûte piano op.107, 108 / Patrick GALLOIS Cécile LICAD, Duos 2 flûtes / GALLOIS RAMPAL

CD 59 Sonate cor p. op.17 / Barry TUCKWELL ASHKENAZY, Sonatines mandoline WoO 43,44 / Eduard FIETZ Amadeus WEBERSINKE, Pièces WoO 32,34,35 / Quatuor HAGEN, Sonate vlc.p. op.17 / Pablo CASALS, Mieczyslaw HORSZOWKI

CD 60-61 Trios p.vl.vlc. WoO38 / KEMPFF SZERYNG FOURNIER, 1,2,3,5,6 / BEAUX ARTS Trio

CD 62 Variations p.vl.vlc op.44, op.121a, Trio WoO39 /  KEMPFF SZERYNG FOURNIER

CD 63 Trios op.11, 38 / BEAUX ARTS, Trio op.11 / Karl LEISTER KEMPFF FOURNIER

CD 64 Trios vents WoO 37 / KONTARSKY ZOELLER THUNEMANN, op.87, WoO28 HOLLIGER BOURGUE ELHORST

CD 65-66 Trios vl.alto vlc. / MUTTER GIURANNA ROSTROPOVITCH

CD 67 Sérénade fl.vl.alto op.25 / ZOELLER BRANDIS UEBERSCHAER,  Pièces WoO 9,15,29 / HAGEN

CD 68-71 Quatuors 1-10 / EMERSON

CD 72-74 Quatuors 11-16 / TAKACS

CD 75-77 Quatuors 12-16/ HAGEN

CD 78 Quatuors piano / ESCHENBACH AMADEUS, Equali 4 trombones / Philip JONES Ensemble

CD 79 Quintette op.29 / AMADEUS, Quintette piano vents op.16 / LUPU DE FRIES PIETERSON ZARZO POLLARD, WoO 208 / Ens.vents néerlandais

CD 80 Quintettes op.4 / ENDELLION, op.104 / LINDSAY, Sextuor op.71, marche WoO 29 / Membres BPO

CD 81 Sextuor op.81b / GEWANDHAUS, Septuor op.20 / WIENER OKTETT, Octuor op.103, rondo WoO 25 / Ens.vents néerlandais

LIEDER AND PARTSONGS

CD 82-84 Lieder / FISCHER-DIESKAU SCHREIER GOERNE STOLTE, DEMUS OLBERTZ

CD 85 Partsongs, Canons

FOLKSONGS SETTINGS

CD 86-92  Scottish Irish Welsh Songs / SPENCE ALLEN LOTT WALKER MURRAY 

VOCAL WORKS WITH ORCHESTRA

CD 93 Elegisches Gesang, Opferlied, Bundeslied / Michael TILSON THOMAS LSO*, Ah perfido / Cheryl STUDER ABBADO BPO, Choeurs WoO 89,90.92,93 op.116 / KUHSE VOGEL BÜCHNER Arthur APELT Staatskapelle Berlin

CD 94 Cantates sur la mort de Joseph II, pour l’accession de Leopold II / THIELEMANN Deutsche Oper Berlin

CD 95 Der glorreiche Augenblick / CHUNG Academie Ste Cecile Rome, Meeresstille und glückliche Fahrt, Messe op.86 / GARDINER ORR

CD 96  Missa solemnis / GARDINER ORR MARGIONO ROBBIN KENDALL MILNES

CD 97 Missa solemnis / KARAJAN BPO JANOWITZ LUDWIG WUNDERLICH BERRY

CD 98 Le Christ au mont des oliviers / Bernhard KLEE VSO / HARWOOD KING CRASS

RARITIES

CD 99 Pièces pour clavier, pianoforte / BRAUTIGAM, Tobias KOCH, Steven BECK

CD 100 Quintette piano vents op.16 arr. cordes / AX STERN LAREDO MA, Variations op.107 Pièces vl.p.  / Daniel HOPE Sebastian KNAUER

CD 101 Etudes contrapuntiques / KOCH COVINGTON, Sonates fl.p. / GAZZELLONI CANINO, Sonatines KOCH, Varations Anh.10 / BUCHBINDER

CLASSIC PERFORMANCES

CD 102 Symph.5 1er mvt / Arthur NIKISCH BPO (1913), Symph.7 extr.4ème mvt. / Richard STRAUSS Staatskapelle Berlin (1926), Ouv. Leonore III / Otto KLEMPERER Staatskapelle Berlin (1927), Symph.7 4ème mvt. / KARAJAN Staatskapelle Berlin (1941), Ouv. Leonore II / Fritz BUSCH, Orch.royal du Danemark (1950), Symph.3 2ème mvt / Paul VAN KEMPEN BPO (1951), Symph.8 / Hermann SCHERCHEN RPO*(1954)

CD 103 Ouv. Egmont, Lenore III / FURTWÄNGLER VPO, Coriolan, Symph 5, Grande fugue / FURTWÄNGLER BPO

CD 104 Symph.5,6 / Erich KLEIBER  RCO*

CD 105 Egmont, Symphonie 9   / FRICSAY BPO Seefried Forrester Haefliger Fischer-Dieskau

CD 106 Conc.p.3 / Annie FISCHER FRICSAY, Conc.Vl. / Wolfgang SCHNEIDERHAN JOCHUM BPO

CD 107 Sonate 30 / SCHNABEL, Sonates 8,31 / KEMPFF, Sonate 23 / ARRAU

CD 108 Sonates 18 / Clara HASKIL, 11 / RICHTER, 28 / BACKHAUS, 31 SERKIN 

CD 109 Sonates 15 / GULDA, 4 / MICHELANGELI, 32 / POGORELICH

CD 110 Sonates vlc.p. 3 / FOURNIER GULDA, 5 / ROSTROPOVITCH RICHTER, Trio op.97 / KOGAN GILELS ROSTROPOVITCH

CD 111 Quatuor 13 / BUSCH, Grande fugue / HOLLYWOOD, 16 / LINDSAY

CD 112 Quatuors 6,15 / ITALIANO

CD 113 Adelaide, An die ferne Geliebte / SCHREIER SCHIFF, La partenza, Ariettes, In questa tomba / BARTOLI SCHIFF, In questa tomba / PAVAROTTI GAMBA Philharmonia, Fidelio extr. 3 / SEEFRIED RYSANEK FRICSAY, 7 / ADAM BÖHM, 9 / NILSSON MAAZEL VPO, 10 / SOLTI CHICAGO, 11 / PATZAK BÖHM VPO, 15 / LUDWIG VICKERS KARAJAN VPO, 16 JONES CRASS ADAM BÖHM DRESDE

CD 114 Conc.pf.1,2, Rondo / Robert LEVIN GARDINER ORR

CD 115 Conc.pf.4 / LEVIN GARDINER ORR, Conc.vl., Romance 2 / Thomas ZEHETMAIR Frans BRÜGGEN XVIIIth Century

CD 116 Sonates pf.8,14,17 / Steven LUBIN, Lieder / Von OTTER TAN, Sonate cor / HALSTEAD LEVIN

CD 117 Trio Esprits / STAIER SEPAC QUEYRAS, Quatuor 9 / SCHUPPANZIGH, Quintette op.16 / LEVIN AAM

CD 118 Symph.2, conc.p.4 versions chambre / LEVIN membres ORR, Ah perfido / Camilla TILLING Paul McCREESH, Les Créatures de Prométhée, finale / George PETROU Armonia Atenea

PURE BLUE RAY

BD 1 9 symphonies / KARAJAN BPO (1961-1963)

BD 2 Sonates piano / KEMPFF (1964, 1965, 1971)

BD 3 Quatuors / AMADEUS (1959-1963)

DVD

DVD 1 Fidelio / BERNSTEIN VPO SOTIN KOLLO JANOWITZ JUNGWIRTH POPP DALLAPOZZA (1978)

DVD 2 Symphonies 4, 7 / Carlos KLEIBER RCO (1983)

Lire jeanpierrerousseaublog : Beethoven 250

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Valses de Strauss: les indispensables

 

Le numéro de janvier 2019 de Diapason est accompagné d’un double CD de valses de Strauss, contenant beaucoup de références du passé – c’est la limite de ces « Indispensables » que de ne citer et éditer que des enregistrements anciens, parce que « libres de droits« .

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En complément, je propose ici un choix – subjectif, personnel – de versions stéréo que je considère comme indispensables.

  1. Le Beau Danube bleu / An der schönen blauen Donau op.314

La plus célèbre des valses de Johann Strauss junior est d’abord composée pour et à la demande du Wiener Männergesang-Verein, une association chorale exclusivement masculine fondée en 1843. Promise pour l’été 1865, l’oeuvre dans sa version chorale n’est créée que le 15 février 1867, en l’absence du compositeur, sur des paroles qui ne sont pas impérissables. Une seule version à ma connaissance de cette valse « chorale », qu’on ne trouve que sous cet habillage (disponible sur amazon.de)

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Lors du concert de Nouvel an 1975, Willi Boskovsky reprenait cette version  chorale avec les héritiers du Männergesang-Verein

La version orchestrale acquiert une célébrité mondiale, lors de l’Exposition universelle de Paris, en 1867. C’est désormais la seule jouée par les Viennois le Premier janvier.

Lors d’un Disques en Lice, l’émission suisse de comparaison de disques à l’aveugle, le dimanche 1er janvier 1989, c’était, de manière inattendue, la version de Claudio Abbadocaptée le 1er janvier 1988, qui était sortie première de l’écoute.

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J’ai une grande tendresse aussi pour l’unique concert de Nouvel an dirigé par Karajan, un an et demi avant sa mort. Le vieux chef, d’ordinaire si impérieux, usé par l’âge et la maladie, semble comme libéré, heureux, en osmose avec ses chers Wiener Philharmoniker, qui lui avaient fait oublier sa brouille avec les Berlinois.

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Mais, pour cette valse comme pour beaucoup d’autres, le sommet interprétatif a été définitivement atteint, en 1989 et en 1992, par l’indépassable Carlos Kleiber 

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       2. Kaiserwalzer / Valse des Empereurs op.437. C’est une valse… berlinoise, improprement traduite en français par « valse de l’empereur’, alors que le titre allemand définitif  décrit une circonstance historique. C’est en 1889 à l’occasion de la visite à Berlin du souverain autrichien François-Joseph (le mari de Sissi !) à son voisin Guillaume II de Prusseque Johann Strauss écrit cette valse en guise de toast, intitulée Hand in Hand / Main dans la main. L’éditeur de Strauss, Simrock, suggère, lors de la création de la valse, le 21 octobre,  de l’appeler Valse des empereurs – c’est ainsi qu’on aurait dû traduire Kaiserwalzer ! – pour ne pas faire de jaloux entre les deux têtes couronnées (s’il s’était agi de la valse de l’empereur, le titre allemand eût été : Kaisers Walzer !)

Ma version préférée, sans doute la plus méconnue de la discographie straussienne : un chef d’origine hongroise, Carl von Caraguly né à Budapest en 1900, mort à Stockholm en 1984, après une carrière faite dans les pays scandinaves. Un seul disque de valses viennoises, enregistré en décembre 1971 à la Lukaskirche de Dresde avec la glorieuse Staatskapelle de la capitale saxonne. Une Kaiserwalzer jamais pesante ni martiale (comme dans la marche introductive), un mouvement irrésistible, des transitions à la fois libres et contrôlées entre les séries de valses, et cette sonorité orchestrale unique si bien captée par les micros est-allemands.

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      3. Roses du Sud / Rosen aus dem Süden op.388

Cette valse, fondée sur des motifs de l’opérette Das Spitzentuch der Königin / Le mouchoir en dentelle de la reineest l’une des plus belles et aristocratiques de la production de Johann Strauss. La mélodie qui l’ouvre faisait l’admiration de Brahms et Wagner.

Personne n’a égalé la tenue, l’allure, la ligne – et la simple beauté de l’orchestre – superbes cors viennois – de Karl Böhm, version enregistrée en 1972 dans l’acoustique idéale de la Sofiensaal.

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      4. Wein, Weib und Gesang / Aimer, boire et chanter op.333 est, comme Le beau Danube, d’abord écrite pour le Wiener Männergesang-Verein à l’occasion de l’accession à l’honorariat du chef du choeur, Johann Herbeck, le 2 février 1869. Comme les autres grandes valses, elle passe à la postérité dans sa version orchestrale.

Alors qu’une partie de la critique (française) égratigne volontiers, et injustement, Willi Boskovsky pour sa direction routinière, c’est bien lui qui donne la version de référence, lors du concert de Nouvel an 1979 : l’élan est irrésistible, exempt de toute vulgarité. C’est la version la plus rapide de la discographie.

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         5.     Künsterleben / Vie d’artiste op.316 est contemporaine du Beau Danube. Sa création, le 18 février 1867, lors du Carnaval, intervient trois jours après. Elle s’ouvre par une sublime phrase confiée au hautbois – la sonorité pincée si typique du hautbois viennois renforce encore la nostalgie du thème initial.

Belle version de concert du jeune Philippe Jordan avec les Wiener Symphoniker. Au disque, Carlos Kleiber tient le haut du pavé.

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       6. G’schichten aus dem Wienerwald / Histoires de la forêt viennoise op.325 date de 1868. Suite de six valses, elle se caractérise par une longue introduction et un solo de cithare, instrument populaire des tavernes de Grinzing et du Prater. Rudolf Kempe domine la discographie avec ses deux versions, avec les Wiener Philharmoniker en 1959, et la Staatskapelle de Dresde en 1974.

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       7. Frühlingsstimmen / Voix du printemps op.410 (1882) est l’une des rares valses de Strauss qui soient encore jouées dans ses deux versions, chantée – un « tube » pour les sopranos colorature – et orchestrale.

Deux versions chantées, quasi contemporaines, dominent : Hilde Gueden idéalement accompagnée par Joseph Krips à Vienne, et Rita Streich à Berlin

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Pour la version orchestrale, Carlos Kleiber s’impose sans rival !

 

8.  Josef Strauss : Delirien Walzer / Valse des délires op.212. On prête à Johann Strauss junior ce mot à propos de son frère cadet : « Je suis le plus célèbre, mais lui est le plus doué ». Lorsque, à partir de 1860, Johann, le succès aidant, est sollicité non seulement par Vienne et ses innombrables bals de confréries, associations et autres oeuvres ade charité, mais aussi par les grandes cours d’Europe, ses frères, Josef, puis Eduard, vont être de plus en plus mis à contribution pour répondre à la demande, composer et diriger valses, marches, quadrilles et polkas pour suppléer le grand frère. Josef Strauss écrit quelques-unes des plus belles pages de la valse viennoise (cf. ci-dessous), mais de santé fragile (il mourra en 1870 à 43 ans !), il est souvent sujet à des malaises, crises d’angoisse et autres signes de la maladie qui finira par l’emporter. Cette « valse des délires » -composée pour le carnaval de 1867 – est une sorte d’autoportrait du compositeur en butte à ses délires.

Le  champion toutes catégories de cette sublime valse est incontestablement Herbert von Karajan, qui a dû l’enregistrer pas moins de six fois (trois fois avec Vienne, deux fois avec Berlin et une avec le Philharmonia !) Ici un extrait, malheureusement amputé de son début, du concert de Nouvel an 1987.

Préférence pour les versions Berlin 1967 (DGG) et Vienne 1960 (Decca)

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9. Josef SraussSphärenklänge / Musique des sphères op.235. Un an après, autre valse de grande envergure, proche du poème symphonique, qui rencontre beaucoup de succès, un succès qui finit par faire de l’ombre à l’aîné Johann.

De nouveau Carlos Kleiber, en 1992, inimitable :

 

Il y aurait bien d’autres valses à référencer ici – d’autres articles suivront ! -, je voudrais clore cette première liste par une valse qui traduit à merveille le sentiment de nostalgie que diffuse la musique des Strauss et qui s’empare inexorablement de l’auditeur, Nachtfalter / Papillons de nuit op.157 (1854)

Zubin Mehtaproduit de la tradition viennoise, a souvent occupé le podium des concerts de Nouvel an des Wiener Philharmoniker. Prestations très irrégulières, d’où émergent, comme ici, d’incontestables réussites dans l’esprit et le style.

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En 2015 Sony a publié une fausse intégrale des concerts de Nouvel an, qui a le cruel mérite d’illustrer l’usure de cette manifestation annuelle, surtout depuis qu’elle est confiée à des baguettes qui ont peu d’empathie, voire d’appétit, pour ce répertoire.

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Voici ce que j’en avais écrit dans Diapason :

« Mit Chic » (titre d’une polka du petit frère Strauss, Eduard) au dehors – pochettes cartonnées, papier glacé au blason de l’orchestre philharmonique de Vienne, mais tromperie sur le contenu : « The complete works », une intégrale de la famille Strauss ? des œuvres jouées en 75 concerts de Nouvel an ? Ni l’une ni l’autre.

Mais le double aveu de l’inamovible président-archiviste de l’orchestre, Clemens Hellsberg, nous rassure : l’origine peu glorieuse – 1939, les nazis, un chef Clemens Krauss compromis – est assumée, le ratage, en 1999, du centenaire de la mort de Johann Strauss fils (et les 150 ans de celle du père) aussi. En 60 ans, les Viennois n’avaient joué que 14 % des quelque 600 opus des Strauss père et fils. Quinze ans après, le pourcentage s’est nettement amélioré : 265 valses, marches, polkas, quadrilles des Strauss, Johann I et II, Josef et Eduard, quelques Lanner (10), Hellmesberger (9), Suppé (5), Ziehrer (4), épisodiquement Verdi, Wagner, Brahms, Berlioz, Offenbach.

Un oubli fâcheux : les rares versions chantées de polkas (Abbado 1988 avec les Petits Chanteurs de Vienne) et de Voix du printemps (Karajan 1987 avec Kathleen Battle),

Rien cependant qui nuise au bonheur de cet orchestre unique, sensuel, miroitant, tel quele restitue l’acoustique exceptionnelle de la grande salle dorée du Musikverein, le chic, le charme, une élégance innée.

Les chefs, c’est autre chose : Carlos Kleiber, en 1989 et 1992, a placé si haut la référence– heureusement la quasi-totalité de ces deux concerts est reprise ici. Les grands habitués, Zubin Mehta, formé à Vienne (à lui Le Beau Danube bleu ) et Lorin Maazel se taillent la part du lion, Harnoncourt est insupportable de sérieux (une Delirien Walzer anémiée), Muti impérial, Prêtre cabotinant, Karajan réduit à la portion congrue (du seul concert de Nouvel an qu’il dirigea le 1er janvier 1987 l’anecdotique Annen Polka) et Boskovsky indétrônable pilier de 25 ans de « Nouvel an » (1955-1979) confiné aux compléments. Pourquoi tant de place pour les plus récents invités ? Barenboim empesé et chichiteux, Ozawa hors sujet, Jansons artificiel à force d’application, et l’anesthésique Welser-Moest.

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Les symphonies de Schubert

Comme beaucoup, j’ai commencé ma découverte des symphonies de Schubert par l’Inachevée,un 33 tours de la petite collection de mes parents (Guilde du disque ?), puis, adolescent, la 5ème symphonie, écoutée en boucle sur la chaîne Dual de mon « correspondant » allemand. Pas retenu le nom des interprètes ! Puis ce furent, dans l’ordre, les 2ème et 3ème symphonies par Lorin Maazel, la 6ème par Karl Böhm, et peu après les 3ème et 5ème par Beecham.

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Bien plus tard, quand Maazel sera réédité en CD, je trouverai ses interprétations univoques, brillantes, vives, enregistrées dans une stéréo dure et artificielle, manquant de tendresse. Avec des tempi à la limite du ridicule, comme dans le dernier mouvement – allegro moderato, et non prestissimo ! – de la 6ème symphonie.

Maazel aggrave son cas avec son intégrale tardive captée en concert à Munich en 2013 un an avant sa mort. Quelle utilité ?

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Quel contraste avec la vision bien pépère de Böhm, un allegro tellement moderato  qu’on s’endort avant la fin, avec laquelle j’ai découvert cette 6ème symphonie !

816AOYx5l7L._SL1500_C’est avec Böhm que je constituerai, disque après disque, ma première intégrale des symphonies. Je l’ai gardée, mais je me suis lassé d’un trop de sérieux, de sagesse, dans des oeuvres qui devraient respirer la jeunesse (Schubert a 16 ans quand il écrit sa 1ère symphonie… et il meurt à 31 ans !)

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Mon exploration de l’univers symphonique de Schubert se poursuit avec un disque singulier – Beecham l’est toujours ! -. Le chef anglais musarde, s’attendrit, épouse les humeurs du jeune homme qui a composé ces deux symphonies, et surprend par des tempi plutôt relaxed, comme disent les critiques britanniques.

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Lorsque Disques en lice comparera plusieurs versions de la 5ème symphonie, j’aurai d’abord un peu de mal à convaincre le producteur François Hudry d’intégrer Beecham à la compétition, il trouve le début vraiment trop lent. Et finalement ce sera la version primée par la tribune !

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Toujours en suivant la chronologie j’en pincerai un temps pour Sawallisch et la Staatskapelle de Dresde (Philips, 1967). Enregistrée de trop près, corsetée par une direction sans élan, la phalange saxonne est bien loin de l’univers schubertien (alors que le même équipage donnera quelques années plus tard, pour EMI, une intégrale des symphonies de Schumann qui fait toujours référence.

Au début des années 80, c’est une toute autre perspective, musicale et sonore – beauté de la prise de son ! – que nous offre Herbert Blomstedt avec le même orchestre. La plus « économique » et sans doute l’une des intégrales les plus homogènes.

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La critique s’emballera quasi unanimement pour Abbado, qui publie une version « chambriste » des symphonies, il y a trente ans exactement. J’avoue que je n’accrocherai jamais vraiment. C’est propre, bien joué, mais franchement l’imagination est aux abonnés absents.

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Même impression d’ensemble avec Barenboim qui s’ennuie à Berlin, et « wagnérise » les dernières symphonies.

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Avant lui, Karajan avait cédé à la demande d’EMI – un label qu’il retrouvait en 1969/70 après la première période Legge, sous l’impulsion de son agent Michel Glotz – et gravait une intégrale, bâclée, empesée, presque brucknérienne. Evitable !

À Londres, pendant la décennie 80, l’inépuisable défricheur qu’était Neville Marriner réalisait pour Philips d’abord un authentique travail musicologique sur les partitions de Schubert, et enregistrait, souvent en première mondiale, les compléments, fragments réalisés, recomposés par Brian Newbould

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La décennie suivante, Harnoncourt tient la vedette, en soumettant le vénérable Concertgebouw d’Amsterdam à un traitement de choc. Cela nous vaut des symphonies de Schubert peu orthodoxes  ‘Mais le respect que l’on doit au travail de pionnier de Harnoncourt, à son esprit d’aventure, n’empêche pas qu’on peut sortir furieux de l’écoute d’une telle intégrale, même pour les premières symphonies, qui selon la critique supportaient mieux le traitement que leur fait subir le maestro viennois. À chaque note ou presque, Harnoncourt se demande ce qu’il va en faire, ou plutôt comment il va en faire quelque chose à quoi les autres n’avaient pas pensé. Le plus intérieur des compositeurs sort défiguré par tant d’affêteries, par tant de narcissisme » (commentaire posté sur Amazon).

On n’est pas loin de partager cet avis. Entre le menuet mené à train d’enfer de la 4ème symphonie, et le lentissime 4ème mouvement de la 6ème symphonie, Harnoncourt fait du Harnoncourt plus que du Schubert.

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Le chef disparu en 2016 avait refait une intégrale en concert à Berlin. Je ne l’ai pas écoutée, mais les quelques extraits que j’en ai entendus ne m’ont pas convaincu.

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Alors vers quelles intégrales se tourner ?

Le probe Günter Wand ? Son intégrale reparaît ces jours-ci en coffret « super-éco »

81v45HxLUML._SL1500_.jpgLe bel équilibre, les timbres chatoyants des Viennois, mis en valeur par Riccardo Muti au début des années 90 ? Coffret EMI « super-éco » republié par Brilliant Classics.

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Mais si l’on veut vraiment explorer tout le spectre de l’univers de Schubert le Viennois, on se fiera à deux guides qui, chacun à leur manière, nous donnent à entendre tous les visages de Franz, avec les timbres uniques des Wiener Philharmoniker

Le surdoué Istvan Kertesz (1929-1973) :

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et son aîné Karl Münchinger (1915-1990), dont Eloquence nous a restitué tout récemment une superbe quasi-intégrale

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Dans la même perspective « traditionnelle », j’aime beaucoup les enregistrements réalisés par Colin Davis à Dresde à la fin des années 90.

71iWuvP-vdL._SL1500_Tendresse particulière pour la démarche toujours si inspirée, infiniment respectueuse des partitions, du très regretté Frans Brüggen (1934-2014)

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Et pour moi une récente redécouverte (lire Schubert à Santorin) la vision proche de l’idéal (de mon idéal ?) de Yehudi Menuhin : la grâce, l’élan, la tendresse, la justesse du mouvement.

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Warner a consacré une monumentale et luxueuse édition à Menuhin, soliste, chambriste (Menuhin Century) à l’occasion de son centenaire en 2016. Dommage qu’on n’ait pas saisi l’occasion de rééditer le legs symphonique du grand musicien. Warner nous le doit bien…

Enfin, la très bonne surprise de ces dernières semaines, c’est la réédition – superbe mono – d’un bouquet de symphonies par le grand Eduard Van Beinum.

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KARAJAN L’INTEGRALE

C’est à l’évidence une performance inégalée dans le domaine de l’édition discographique. Un très gros coffret de 330 CD, 24 DVD et 2 Blu-Ray audio, l’intégrale de tout ce qui est paru de Karajan (1908-1989) sous étiquettes Deutsche Grammophon et Decca.

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CONCERTGEBOUW AMSTERDAM 125

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A l’occasion du 125ème anniversaire de l’un des meilleurs orchestres du monde, le Concertgebouw d’Amsterdam, la radio néerlandaise regroupe en deux beaux offrets 152 CD d’une liste fabuleuse de grands concerts captés dans la célèbre salle amstellodamoise, avec les plus grands chefs du XXème siècle.

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