Michael Gielen (1927-2019) : une discographie

Il est mort à 91 ans ce 8 mars 2019. Une longue et belle carrière. Et pourtant le nom de Michael Gielen reste largement méconnu, même pour les mélomanes avertis, de ce côté-ci du Rhin. La situation n’a pas beaucoup changé depuis 1995 et cet article de Libération : Michael Gielen à ParisJ’ai déjà évoqué cet étrange phénomène, ces frontières invisibles mais réelles dans le monde de la musique : Préférence nationale

Heureusement, le Südwestrundfunk (la radio publique allemande qui regroupe les antennes historiques de Baden BadenSüdwestfunk – et Stuttgart – Süddeutscher Rundfunk) a publié les archives de celui qui a été le directeur musical de l’orchestre du SWF de Baden Baden de 1986 à 1999.

Que nous révèlent ces disques de l’art de Michael Gielen ? Une forme d’objectivité, qui n’est pas neutralité ou manque d’imagination, un respect scrupuleux du texte qui débouche sur une grandeur sans grandiloquence, une puissance sans artifices..

La discographie de Michael Gielen illustre la diversité de ses intérêts, ses racines « classiques » en même temps qu’une inlassable curiosité pour les répertoires les plus larges.

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Après les  Beethoven, Brahms, Bruckner de Michael Gielen (lire L’inconnu de la baguette), ce sont des coffrets composites, mais extraordinairement passionnants, qui nous sont proposés.

D’abord parce qu’ils illustrent l’étendue du répertoire de ce contemporain de Pierre Boulezà qui il a souvent été comparé et dont il partageait plus d’un trait commun. Mais à la différence du Français, Gielen l’Autrichien n’a jamais oublié les racines de la musique qui l’a nourri, et a toujours dirigé le répertoire classique, en même temps qu’il défendait et promouvait la création contemporaine. Et, sans qu’il ait eu besoin de le dire et de l’afficher, dans le même état d’esprit qu’Harconcourt ou Gardiner : le respect du texte, de l’Urtext. Ses Haydn manquent un peu de la fantaisie qu’y mettait un JochumMais tout le reste paraît simplement évident, justesse des tempi, des phrasés, sens de la ligne

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S’il est un compositeur et une oeuvre auxquels on associe régulièrement Michael Gielen, c’est Mahler. D’abord une Huitième symphonie captée à Francfort, qui avait attiré et suscité l’admiration de la critique internationale :

Puis une intégrale bâtie avec l’orchestre de la radio de Baden Baden, intégrale passionnante de bout en bout, et à l’exact opposé de la conception d’un Leonard Bernstein.

L’entretien – réalisé en 2009 – ci-dessous donne une grande part des clés de la conception que se fait Gielen de l’interprétation mahlérienne. Passionnant.

Merci à mon ami Pierre Gorjat – jadis complice de l’aventure de Disques en Lice à la Radio suisse romande – qui a fait la traduction de cet entretien :

Michael Gielen sur Mahler (2011)

Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez entendu de la musique de Mahler ?

  • Oh oui ! Très bien ! C’était à Vienne. J’ai vécu à Vienne jusqu’en 1960. Je crois que c’était en 1956 ou 57 : Dimitri Mitropoulos dirigeait la Philharmonie de Vienne dans la 6e symphonie de Mahler. Mais il y avait qqch de particulier, autrefois ; les musiciens de la Philharmonie n’avaient que 3 répétitions, et ils ne connaissaient pas cette musique…
  • Comment voyez-vous, sur un plan historique, le conflit entre Mahler et la Philharmonie de Vienne ?
  • Mahler a eu la vie dure, moins à cause de sa musique qu’à cause de ses origines juives ! Il n’a pas seulement été attaqué par les critiques et toutes sortes de gens de cette époque, mais ses rapports avec l’orchestre, qui est pourtant l’orchestre mahlérien idéal, étaient empoisonnés dès le début, parce qu’il voulait exiger des musiciens, lors des deux ou trois ans où il les dirigea, des choses d’ordre musical dont ils ne voulaient absolument rien savoir. Et comme conséquence de ce rapport de forces conflictuel, ils l’ont ostracisé jusqu’à ces 10 ou 15 dernières années, lorsqu’il n’y eut d’autre choix que d’être obligé de jouer du Mahler ! Mais Bernstein, par exemple, lorsqu’il eut dirigé tout un cycle de ses symphonies, s’était plaint amèrement de cette attitude. Cette ligne du refus, qui ne peut être d’ordre musical, car ces gens sont tout de même trop bons pour cela, ne peut reposer que sur une vieille rancune, et tabler sur un antisémitisme qui ne peut être éradiqué. Bernstein, par exemple, qui avait eu un krach avec eux, à l’époque, parce qu’ils l’avaient boycotté, ils l’aimaient bien aussi, évidemment, car c’était quelqu’un qu’on ne pouvait qu’aimer, et ils ont eu beaucoup de succès avec lui, et ont gagné beaucoup d’argent avec les retransmissions télévisées de toutes les symphonies et du Chant de la Terre.
  • Dans quelle mesure la musique de Mahler est-elle autobiographique ?
  • C’est difficile de répondre à cette question : comment pourrais-je savoir cela ? En tout cas, en ce qui concerne ce que Alma rapporte, au sujet d’un changement de mesure dans le Scherzo de la 6e symphonie qui aurait un rapport avec des bousculades d’enfants, c’est n’importe quoi (« Quatsch » !), absolument n’importe quoi, comme presque tout ce que Alma nous révèle ! Je ne crois pas que l’on puisse expressément dire que cette musique soit autobiographique de façon directe, mais que toute expression artistique, qu’on le veuille ou non, est autobiographique. Mes compositions me décrivent : espérons-le, car sinon, je ne serais pas honnête ! Il y a quelques jours, on m’a demandé si je croyais que telle ou telle musique, celle de Mahler aussi, était politique. Naturellement, toute production artistique est politique. Et plus un auteur refuse de l’admettre, plus il le prétend, et plus sa production l’est, car ce refus est en soi un acte politique, n’est-ce pas ? On ne doit pas être pour tel ou tel parti, être nazi ou anti-nazi. Une composante politique est une partie de la vie. On ne peut pas vivre autrement que de vivre dans sa demeure spirituelle, et cela est aussi politique : toujours.
  • Bernstein a popularisé Mahler. Comment vous positionnez-vous, par rapport à son esthétique mahlérienne ?
  • Il est totalement subjectif. Il transpose ses émotions personnelles dans l’interprétation de la musique. Pour lui – et c’est terrible -, sa sphère émotionnelle est pour lui plus importante que la partition. Je crois que c’est un gigantesque malentendu que cette prétendue renaissance mahlérienne commence précisément avec Bernstein. Parce que Bernstein a sentimentalisé, exagéré – il a tout exagéré -, et c’est pour cela qu’on entend le Mahler de Bernstein, mais pas le contenu de la partition, pour une grande part. Certaines choses lui réussissent, de façon quasi miraculeuse, comme le Finale de la 7e. qui est l’un des mouvements les plus problématiques, à cause de ses affinités avec les Maîtres Chanteurs. Mais le son, dans la 7e , va beaucoup plus loin dans la direction de la musique moderne, de la musique ultérieure, du côté des compositions contemporaines de Schoenberg ou Berg, dans une façpn de composer telle qu’on ne saurait l’imaginer dans l’esthétique de Bernstein, qui souligne les aspects régressifs, d’où son succès. Chez Mahler, face aux contenus du XXe siècle, aux déchirures de l’être humain et de la société, Bernstein, que j’admire par ailleurs, passe tout droit, et il n’est pas le seul…
  • Doit-on protéger Mahler contre ses admirateurs ?
  • Oui, je crois qu’on doit avoir le courage de renoncer à une certaine part de succès en ne jouant pas trop la douceur, en ne se noyant pas entièrement dans un beau son, mais au contraire en travaillant sur la polyphonie, la multiplicité des sons, non en insistant sur l’étagement vertical, sur une sorte de standard sonore de la musique romantique, mais au contraire en essayant de travailler sur la base des différentes lignes.
  • Avez-vous été influencé par les enregistrements de Bruno Walter ?
  • L’une des principales préoccupations de Walter, c’est d’aider Mahler, de contribuer à sa percée, de le hisser. Ce n’est pas si solide, si rugueux, si grimaçant, tel que ça devrait l’être par endroits, comme je le crois, d’après la partition, et il y a de nouveau le problème du son qui fait obstacle. Il est en quelque sorte, pour ainsi dire, un précurseur de Bernstein !
  • A quoi rattacheriez-vous la modernité de Mahler ?
  • Avant tout au contenu. Comme je l’ai dit précédemment, au déchirement de l’individu et de la société au XXe siècle, qui ressortissent déjà aux contenus de Mahler, et qui doivent être perceptibles, même quand la musique est par moments pacifiée. Elle est menacée : c’est en quelque sorte comme si le sol menaçait constamment de s’effondrer sous nos pieds. Par exemple, la 4e symphonie, qui est une jolie pièce, qui est décrite, entre guillemets, comme « haydnienne »… Mais le développement du 1er mouvement est infernal : on a vraiment l’impression de plus avoir de sol sous les pieds, lorsque c’est bien présenté, et que ce n’est justement pas enrobé, pas caressé. L’Adagietto, chez plusieurs chefs célèbres, dure 16, 17 minutes. Mais 14 minutes, c’est déjà bien trop lent. Lors de la création avec Mahler, il avait duré 8 minutes, peut-être sous le coup de l’excitation, puis plus tard, plusieurs fois, il dura 9 minutes, Cela ne doit donc pas dégouliner comme du beurre fondu…
  • En ce qui concerne les tempi corrects ?
  • C’est bête, mais Mahler n’a pas donné d’indications métronomiques. Le jeu trop rapide n’a guère sévi, dans les mouvements vifs, et ce ne serait pas différent, je le crois, s’il y avait des indications métronomiques. Même quand les chefs ignorent ce genre d’indications, ou n’y prêtent pas assez garde, il n’est pas vrai qu’ils puissent les ignorer totalement ; il en est ainsi que l’image « moyenne » même de Beethoven, sur ce plan, s’est bien modifiée depuis l’époque de Furtwängler, avant tout grâce à Toscanini, mais Toscanini ne se préoccupait guère des indications métronomiques, car il dirige de toute façon rapidement !
  • Qu’admirez-vous le plus chez Mahler en tant qu’homme ?
  • Eh bien, la partition ! Oui, les partitions, car à côté de sa profession – il a dirigé presque chaque soir…Il a été capable, chaque été, en deux mois et demi de vacances dont il disposait, à Maiernigg, à Toblach ou je ne sais plus où, d’écrire de grandes et importantes œuvres de 70 minutes, et pendant toute l’année, alors qu’il était tous les jours à l’opéra, d’instrumenter et de travailler sur ses partitions, et alors qu’il devait en toute hâte, pendant l’été, avec un tel travail en cours, rédiger des esquisses, et l’on voit bien cela sur le fac simile des esquisses de la partition de la 10e symphonie…En si peu de temps (je crois qu’il est mort à 51 ans), il a énormément travaillé, et de façon aussi exemplaire pour l’opéra, et pas seulement comme compositeur. Bien sûr, il devait gagner sa vie : avec ses symphonies, il ne gagnait pas grand-chose. S’il avait été libre, il n’aurait pas autant travaillé pour l’opéra…

Filmé à Zurich en septembre 2009, par Universal Edition

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Y aura-t-il d’autres volumes ?

Plus chiche est la discographie antérieure à la période allemande de Michael Gielen. On trouve encore quelques beaux enregistrements réalisés à Cincinnati, dont Gielen est le directeur musical de 1980 à 1985.

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Quelques disques où Gielen se fait un accompagnateur exigeant :

Ici avec la pianiste brésilienne d’origine polonaise, Felicja Blumental.

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Toujours à Vienne avec le jeune Brendel.

Plus récemment avec le tout jeune Christian Tetzlaff

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Sawallisch chez Orfeo

Le site allemand jpc.de propose actuellement à prix réduit deux coffrets qui documentent une période essentielle de la carrière et de l’art de Wolfgang Sawallisch (1923-2013) – lire L’art de Sawallisch : sa direction ô combien féconde de l’Opéra d’Etat de Bavière de 1971 à 1992.

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Un premier coffret regroupe une série d’enregistrements exceptionnels de studio, tous publiés séparément, mais devenus indisponibles, qui ne doublonnent pas avec ceux parus sous d’autres étiquettes.

CD 1 WEBER Symphonies 1 & 2  (BRSO*) 

CD 2-5  BRUCKNER Symphonies 1, 5, 6, 9 (BSO*)

CD 6 BRAHMS Ein deutsches Requiem (BRSO, Margaret Price, Thomas Allen)

CD 7 Ouvertures WAGNER Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg, VERDI La force du destin, MOZART La flûte enchantée, BEETHOVEN Leonore II, BRAHMS ouv. tragique (BSO)

CD 8 PFITZNER Palestrina, préludes actes I, II, III, Das Käthchen von Heilbronn ouv., Die Rose vom Liebesgarten, extr. (BRSO)

*BRSO = Bayerischer Rundfunk Symphonie-Orchester / Orchestre symphonique de la Radio Bavaroise

*BSO = Bayerischer Staatsorchester / Orchestre d’Etat de Bavière (orchestre de l’opéra)

Le second coffret regroupe trois « live », tous captés à Munich en juillet 1983- qui font référence depuis leur publication – des opéras de jeunesse de Wagner : Das Liebesverbot (Défense d’aimer), Die Feen (Les fées) et Rienzi

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Distributions :

Les Fées : Kurt Moll, Linda Esther-Gray, Kari Lövaas, Kristina Laki, John Alexander, June Anderson, Roland Herrmann, Jan-Hendrik Rootering, Cheryl Studer, BRSO

Das Liebesverbot : Hermann Prey, Friedrich Lenz, Kieth Engen, Sabine Haas, Pamela Coburn, Alfred Kuhn, Raimond Grumbach, BSO

Rienzi : René Kollo, Cheryl Studer, Jan-Hendrik Rootering, John Janssen, Bodo Brinkmann, Norbert Orth, Kieth Engen, Carmen Anhorn, Raimund Grumbach, Friedrich Lenz, BSO

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Gennady Rozhdestvensky : une discographie

Dresser la discographie du chef russe Guennadi Rojdestvenski (1931-2018) disparu ce 16 juin (lire L’imprononçable géantrelève de la mission impossible. Tant il a abordé de répertoires, d’ouvrages, d’époques. Comme s’il n’avait jamais eu aucun frein à sa curiosité. Essayons d’en distinguer les lignes de force et les chemins de traverse.

Il faut d’abord dire qu’il est très compliqué de se repérer dans les multiples labels, éditions et rééditions qui ont publié notamment les enregistrements de la période soviétique. C’est encore plus vrai sur les sites de téléchargement…

D’abord les Russes, essentiellement ceux du XXème siècle.

Rojdestvenski donne des versions très chorégraphiques des trois ballets de Tchaikovski, et dans les trois dernières symphonies, il est plus élégiaque qu’épique, bien loin de la rigueur d’un Mravinski et du souffle d’un Svetlanov.

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Admirable « live » de la BBC de La Belle au bois dormant

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Il accompagne son épouse, Viktoria Postnikova, dans les trois concertos de Tchaikovski (avec l’orchestre symphonique de Vienne)

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De Glazounov, il donne une première au disque de son oratorio Le Roi des juifs

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Comme Svetlanov a préempté le grand répertoire symphonique russe pour les monumentales collections Melodia (voir Le monument Svetlanovc’est sous des labels occidentaux que G.R. livre sa vision des grands symphonistes russes

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C’est dans Prokofiev que Rojdestvenski que révèle le mieux sa fantaisie, son sens de la narration, de l’ironie, du sarcasme. Dans les symphonies, comme dans les ballets, dont il est le seul à avoir réalisé une quasi-intégrale, ses enregistrements sont des références.

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C’est évidemment sa femme, Viktoria Postnikova, qu’il accompagne dans les concertos pour piano.

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Et c’est toujours lui qui signa, tout jeune, une version qui fait toujours référence de Pierre et le Loup avec l’inoubliable Gérard Philipe en récitant, dans la version française.

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L’autre grande affaire de la vie de chef de Rojdestvenski, c’est le lien très particulier qu’il entretient avec Chostakovitch, dont il révèlera toute une part méconnue de l’oeuvre avec une constance qui force l’admiration, ne se limitant pas aux symphonies, dont il réalisera  une intégrale contrastée avec l’orchestre symphonique du Ministère de la culture d’URSS.

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Ce double CD est une véritable mine : le Chostakovitch transcripteur, musicien de cirque ou de cinéma, de petits bijoux d’orchestration et d’humour, comme ce Tea for Two de Youmans, orchestré par le jeune Chostakovitch en moins de deux heures, ou ces polkas et valses de Johann Strauss irrésistibles.

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Rojdestvenski sera le premier à graver les ballets sarcastiques du jeune Chostakovitch, encore plein d’illusions sur les lendemains qui chantent. Partitions savoureuses et colorées.

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C’est encore G.R. qui réhabilite le premier ouvrage lyrique de Chostakovitch, Le Nezinspiré du conte fantastique de Gogol, représenté en 1930 puis interdit jusqu’en 1974 !

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Rojdestvenski est un partenaire de choix des deux solistes stars de l’URSS, Rostropovitch et Oistrakh.

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G.R. assume crânement son soutien à de jeunes compositeurs qui sont bien éloignés des critères posés par l’Union des compositeurs soviétiques dirigée de 1948 à 1991 (!) par l’indéboulonnable Tikhon Khrennikov.

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G.R. doit être un des rares Russes à avoir abordé les symphonies de Bruckner (qu’on trouve facilement en téléchargement, mais dans des éditions de très inégale qualité sonore !)

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Sibelius convient bien à G.R., les grands espaces, les frottements harmoniques. Longtemps ses enregistrements sont restés méconnus.

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D’autres grands symphonistes du XXème siècle, Nielsen, Enesco, Busoni, ont eu ses faveurs non exclusives !

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Si l’on veut un aperçu de la diversité des goûts de Guennadi Rojdestvenski, le coffret Brilliant Classics est idéal

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Enfin une rareté, mari et femme au piano dans un CD Brahms (Vox)

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jeanpierrerousseaublog.com : L’imprononçable géant

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Joseph Keilberth, 50 ans après

Il y a quelques mois, je regrettais une discographie lacunaire du chef d’orchestre Joseph Keilberth, né en 1908, mort d’une crise cardiaque le 20 juillet 1968. J’avais cependant entendu parler du projet de Warner de rééditer, dans sa série Icon, les enregistrements réalisés par le chef allemand pour Telefunken de 1953 à 1963. Voici le coffret tant attendu, avec pas mal d’inédits en CD, un intéressant travail de restauration même si certaines prises de son d’origine restent très confinées.

Un chef très « classique », qui chante et enchante dans Mozart, Haydn, Beethoven ou Brahms, qu’on aime depuis toujours dans Bruckner (prodigieuse 6ème symphonie), Johann ou Richard Strauss et dans d’incontournables Reger.

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Les prises mono sont marquées d’une astérisque *, les premières éditions en CD d’une croix +

Mozart: Symphony No. 28 in C major, K200 1963 +

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Mozart: Symphony No. 30 in D major, K202 1953*+

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Mozart: Symphony No. 35 in D major, K385 ‘Haffner’ 1965

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Mozart: Symphony No. 36 in C major, K425 ‘Linz’ 1965

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Mozart: Symphony No. 38 in D major, K504 ‘Prague’ 1955

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Mozart: Symphony No. 39 in E flat major, K543 1955

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Mozart: Symphony No. 40 in G minor, K550 1959

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Mozart: Symphony No. 41 in C major, K551 ‘Jupiter’ 1959

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Mozart: Serenade No. 6 in D major, K239 ‘Serenata Notturna’ 1959

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Mozart: Notturno in D major K286 1959

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Mozart: Serenade No. 13 in G major, K525 ‘Eine kleine Nachtmusik’ 1959

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Mozart: Quadrilles (2), K463 1959

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Mozart: Divertimento No. 1 in E flat major, K113 1959

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Mozart: Divertimento in D major, K131

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Mozart: German Dances (6), K509 1959

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Mozart: Der Schauspieldirektor, K486: Overture 1959+

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Mozart: Die Zauberflöte, K620: Overture 1952*+

  • Bamberger Symphoniker
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Haydn: Symphony No. 85 in B flat major ‘La Reine’1957

  • Bamberger Symphoniker
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Haydn: Symphony No. 101 in D major ‘The Clock’ 1957

  • Bamberger Symphoniker
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Beethoven: Coriolan Overture, Op. 62 1960

  • Bamberger Symphoniker
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Beethoven: Leonore Overture No. 3, Op. 72b 1960

  • Berliner Philharmoniker
  • Joseph Keilberth

Beethoven: The Ruins of Athens Overture, Op. 113 1960

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
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Beethoven: The Ruins of Athens: Turkish March  1960

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Weber: Euryanthe Overture 1953*+

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Weber: Der Freischütz Overture 1953*+

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Symphony No. 1 in C major, Op. 21 1958

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Symphony No. 3 in E flat major, Op. 55 ‘Eroica’  1956

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Fidelio Overture Op. 72c 1960

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Symphony No. 2 in D major, Op. 36 1958

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Symphony No. 4 in B flat major, Op. 60 1958

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Egmont Overture, Op. 84 1960

  • Berliner Philharmoniker
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Symphony No. 5 in C minor, Op. 67 1960

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Symphony No. 6 in F major, Op. 68 ‘Pastoral’ 1958

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Symphony No. 7 in A major, Op. 92 1960

  • Berliner Philharmoniker
  • Joseph Keilberth

Beethoven: Symphony No. 8 in F major, Op. 93 1958*

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Schubert: Symphony No. 8 in B minor, D759 ‘Unfinished’ 1960

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Schubert: Symphony No. 6 in C major, D589 1954+ (stéréo)

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Mendelssohn: Calm Sea and Prosperous Voyage, Op. 27 1962

  • Berliner Philharmoniker
  • Joseph Keilberth

Mendelssohn: Hebrides Overture, Op. 26 1962

  • Berliner Philharmoniker
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Schumann: Symphony No. 1 in B flat major, Op. 38 ‘Spring’ 1953*

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Grieg: Peer Gynt Suite No. 1, Op. 46  1956*

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Grieg: Peer Gynt Suite No. 2, Op. 55  1956*

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Brahms: Symphony No. 1 in C minor, Op. 68 1951*

  • Berliner Philharmoniker
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Brahms: Symphony No. 3 in F major, Op. 90  1963

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Brahms: Symphony No. 2 in D major, Op. 73  1962

  • Berliner Philharmoniker
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Brahms: Symphony No. 4 in E minor, Op. 98  1960

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
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Brahms: Tragic Overture, Op. 81 1957

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Brahms: Hungarian Dance No. 3 in F major 1963

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Brahms: Hungarian Dance No. 10 in F major 1963

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Brahms: Hungarian Dance No. 1 in G minor 1963

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Brahms: Academic Festival Overture, Op. 80 1952*

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Smetana: Má Vlast: Vltava 1961

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Smetana: Má Vlast: Z ceských luhu a háju  1961

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Dvorak: Carnival Overture, Op. 92  1961

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Strauss, J, II: Morgenblätter Walzer, Op. 279 1959+

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Strauss, J, II: Persischer Marsch, Op. 289 1959

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Strauss, J, II: An der schönen, blauen Donau, Op. 314 1957+

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Strauss, J, II: Künstlerleben, Op. 316 1957+

  • Bamberger Symphoniker
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Strauss, J, II: Wein, Weib und Gesang, Op. 333 1957+

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Strauss, J, II: Kaiser-Walzer, Op. 437 1957+

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  • Joseph Keilberth

Strauss, J, II: Tritsch-Tratsch Polka, Op. 214 1959

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Strauss, J, II: Rosen aus dem Süden, Op. 388 1959

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Strauss, J, II: Annen-Polka, Op. 117 1960

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Strauss, J, II: Perpetuum Mobile, Op. 257 1960

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Strauss, J, II: Leichtes Blut, polka schnell, Op. 319 1960

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Strauss, J, II: Accelerationen, Op. 234 1960

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Strauss, J, II: Egyptischer Marsch, Op. 335 1960

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Strauss, J, II: Wiener Blut Waltz, Op. 354 1960

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Dvorak: Slavonic Dances Nos. 1-8, Op. 46 Nos. 1-8 1956+

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Dvorak: Slavonic Dances Nos. 9-16, Op. 72 Nos. 1-8 1956+

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Dvorak: Symphony No. 9 in E minor, Op. 95 ‘From the New World’ 1961

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Dvorak: Cello Concerto in B minor, Op. 104 1958

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth
  • Ludwig Hoelscher (cello)

Wagner: Die Meistersinger von Nürnberg: Overture 1957

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Wagner: Die Meistersinger von Nürnberg: Prelude to Act 3 1957+

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Bruckner: Symphony No. 9 in D Minor 1956

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Bruckner: Symphony No. 6 in A major 1963

  • Berliner Philharmoniker
  • Joseph Keilberth

Strauss, R: Till Eulenspiegels lustige Streiche, Op. 28 1961

  • Berliner Philharmoniker
  • Joseph Keilberth

Strauss, R: Die schweigsame Frau: Pot-Pourri 1963

  • Bayerisches Staatsorchester
  • Joseph Keilberth

Strauss, R: Don Juan, Op. 20 1961

  • Bayerisches Staatsorchester
  • Joseph Keilberth

Strauss, R: Intermezzo, Op. 72: Four Symphonic Interludes 1963

  • Bayerisches Staatsorchester
  • Joseph Keilberth

Strauss, R: Waltz Sequence No. 1 (from Der Rosenkavalier) 1963

  • Bayerisches Staatsorchester
  • Joseph Keilberth

Strauss, R: Waltz Sequence No. 2 (from Der Rosenkavalier, Op. 59) 1963

  • Bayerisches Staatsorchester
  • Joseph Keilberth

Strauss, R: Salome: Dance of the Seven Veils 1963

  • Bayerisches Staatsorchester
  • Joseph Keilberth

Wagner: Lohengrin: Prelude to Act 1 1957

  • Philharmonisches Staatsorchester Hambur
  • Joseph Keilberth

Wagner: Lohengrin: Prelude to Act 3  1957

  • Philharmonisches Staatsorchester Hambur
  • Joseph Keilberth

Reger: Eine Ballettsuite, Op. 130 1962

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Reger: Variations and Fugue on a theme of Johann Adam Hiller Op. 100  1957

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Reger: Variations and Fugue for Orchestra on a Theme by Mozart, Op. 132 1962

  • Bamberger Symphoniker
  • Joseph Keilberth

Hindemith: Nobilissima Visione 1956*+

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Hindemith: Symphonic Metamorphoses on Themes by Carl Maria von Weber 1956*+

  • Philharmonisches Staatsorchester Hamburg
  • Joseph Keilberth

Les symphonies de Schubert

Comme beaucoup, j’ai commencé ma découverte des symphonies de Schubert par l’Inachevée,un 33 tours de la petite collection de mes parents (Guilde du disque ?), puis, adolescent, la 5ème symphonie, écoutée en boucle sur la chaîne Dual de mon « correspondant » allemand. Pas retenu le nom des interprètes ! Puis ce furent, dans l’ordre, les 2ème et 3ème symphonies par Lorin Maazel, la 6ème par Karl Böhm, et peu après les 3ème et 5ème par Beecham.

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Bien plus tard, quand Maazel sera réédité en CD, je trouverai ses interprétations univoques, brillantes, vives, enregistrées dans une stéréo dure et artificielle, manquant de tendresse. Avec des tempi à la limite du ridicule, comme dans le dernier mouvement – allegro moderato, et non prestissimo ! – de la 6ème symphonie.

Maazel aggrave son cas avec son intégrale tardive captée en concert à Munich en 2013 un an avant sa mort. Quelle utilité ?

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Quel contraste avec la vision bien pépère de Böhm, un allegro tellement moderato  qu’on s’endort avant la fin, avec laquelle j’ai découvert cette 6ème symphonie !

816AOYx5l7L._SL1500_C’est avec Böhm que je constituerai, disque après disque, ma première intégrale des symphonies. Je l’ai gardée, mais je me suis lassé d’un trop de sérieux, de sagesse, dans des oeuvres qui devraient respirer la jeunesse (Schubert a 16 ans quand il écrit sa 1ère symphonie… et il meurt à 31 ans !)

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Mon exploration de l’univers symphonique de Schubert se poursuit avec un disque singulier – Beecham l’est toujours ! -. Le chef anglais musarde, s’attendrit, épouse les humeurs du jeune homme qui a composé ces deux symphonies, et surprend par des tempi plutôt relaxed, comme disent les critiques britanniques.

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Lorsque Disques en lice comparera plusieurs versions de la 5ème symphonie, j’aurai d’abord un peu de mal à convaincre le producteur François Hudry d’intégrer Beecham à la compétition, il trouve le début vraiment trop lent. Et finalement ce sera la version primée par la tribune !

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Toujours en suivant la chronologie j’en pincerai un temps pour Sawallisch et la Staatskapelle de Dresde (Philips, 1967). Enregistrée de trop près, corsetée par une direction sans élan, la phalange saxonne est bien loin de l’univers schubertien (alors que le même équipage donnera quelques années plus tard, pour EMI, une intégrale des symphonies de Schumann qui fait toujours référence.

Au début des années 80, c’est une toute autre perspective, musicale et sonore – beauté de la prise de son ! – que nous offre Herbert Blomstedt avec le même orchestre. La plus « économique » et sans doute l’une des intégrales les plus homogènes.

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La critique s’emballera quasi unanimement pour Abbado, qui publie une version « chambriste » des symphonies, il y a trente ans exactement. J’avoue que je n’accrocherai jamais vraiment. C’est propre, bien joué, mais franchement l’imagination est aux abonnés absents.

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Même impression d’ensemble avec Barenboim qui s’ennuie à Berlin, et « wagnérise » les dernières symphonies.

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Avant lui, Karajan avait cédé à la demande d’EMI – un label qu’il retrouvait en 1969/70 après la première période Legge, sous l’impulsion de son agent Michel Glotz – et gravait une intégrale, bâclée, empesée, presque brucknérienne. Evitable !

À Londres, pendant la décennie 80, l’inépuisable défricheur qu’était Neville Marriner réalisait pour Philips d’abord un authentique travail musicologique sur les partitions de Schubert, et enregistrait, souvent en première mondiale, les compléments, fragments réalisés, recomposés par Brian Newbould

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La décennie suivante, Harnoncourt tient la vedette, en soumettant le vénérable Concertgebouw d’Amsterdam à un traitement de choc. Cela nous vaut des symphonies de Schubert peu orthodoxes  ‘Mais le respect que l’on doit au travail de pionnier de Harnoncourt, à son esprit d’aventure, n’empêche pas qu’on peut sortir furieux de l’écoute d’une telle intégrale, même pour les premières symphonies, qui selon la critique supportaient mieux le traitement que leur fait subir le maestro viennois. À chaque note ou presque, Harnoncourt se demande ce qu’il va en faire, ou plutôt comment il va en faire quelque chose à quoi les autres n’avaient pas pensé. Le plus intérieur des compositeurs sort défiguré par tant d’affêteries, par tant de narcissisme » (commentaire posté sur Amazon).

On n’est pas loin de partager cet avis. Entre le menuet mené à train d’enfer de la 4ème symphonie, et le lentissime 4ème mouvement de la 6ème symphonie, Harnoncourt fait du Harnoncourt plus que du Schubert.

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Le chef disparu en 2016 avait refait une intégrale en concert à Berlin. Je ne l’ai pas écoutée, mais les quelques extraits que j’en ai entendus ne m’ont pas convaincu.

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Alors vers quelles intégrales se tourner ?

Le probe Günter Wand ? Son intégrale reparaît ces jours-ci en coffret « super-éco »

81v45HxLUML._SL1500_.jpgLe bel équilibre, les timbres chatoyants des Viennois, mis en valeur par Riccardo Muti au début des années 90 ? Coffret EMI « super-éco » republié par Brilliant Classics.

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Mais si l’on veut vraiment explorer tout le spectre de l’univers de Schubert le Viennois, on se fiera à deux guides qui, chacun à leur manière, nous donnent à entendre tous les visages de Franz, avec les timbres uniques des Wiener Philharmoniker

Le surdoué Istvan Kertesz (1929-1973) :

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et son aîné Karl Münchinger (1915-1990), dont Eloquence nous a restitué tout récemment une superbe quasi-intégrale

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Dans la même perspective « traditionnelle », j’aime beaucoup les enregistrements réalisés par Colin Davis à Dresde à la fin des années 90.

71iWuvP-vdL._SL1500_Tendresse particulière pour la démarche toujours si inspirée, infiniment respectueuse des partitions, du très regretté Frans Brüggen (1934-2014)

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Et pour moi une récente redécouverte (lire Schubert à Santorin) la vision proche de l’idéal (de mon idéal ?) de Yehudi Menuhin : la grâce, l’élan, la tendresse, la justesse du mouvement.

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Warner a consacré une monumentale et luxueuse édition à Menuhin, soliste, chambriste (Menuhin Century) à l’occasion de son centenaire en 2016. Dommage qu’on n’ait pas saisi l’occasion de rééditer le legs symphonique du grand musicien. Warner nous le doit bien…

Enfin, la très bonne surprise de ces dernières semaines, c’est la réédition – superbe mono – d’un bouquet de symphonies par le grand Eduard Van Beinum.

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BERNSTEIN REMASTERED

810iNE4qRdL._SL1500_En prévision du centenaire de la naissance de Leonard BERNSTEIN (1918-1990), les éditeurs fourbissent leurs éditions. SONY propose une sélection de 100 CD dans leurs pochettes originales de la production discographique du génial chef, compositeur, pianiste, pédagogue, dans un remastering spectaculaire.

(jeanpierrerousseaublog.com)

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