Valses de Strauss: les indispensables

 

Le numéro de janvier 2019 de Diapason est accompagné d’un double CD de valses de Strauss, contenant beaucoup de références du passé – c’est la limite de ces « Indispensables » que de ne citer et éditer que des enregistrements anciens, parce que « libres de droits« .

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En complément, je propose ici un choix – subjectif, personnel – de versions stéréo que je considère comme indispensables.

  1. Le Beau Danube bleu / An der schönen blauen Donau op.314

La plus célèbre des valses de Johann Strauss junior est d’abord composée pour et à la demande du Wiener Männergesang-Verein, une association chorale exclusivement masculine fondée en 1843. Promise pour l’été 1865, l’oeuvre dans sa version chorale n’est créée que le 15 février 1867, en l’absence du compositeur, sur des paroles qui ne sont pas impérissables. Une seule version à ma connaissance de cette valse « chorale », qu’on ne trouve que sous cet habillage (disponible sur amazon.de)

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Lors du concert de Nouvel an 1975, Willi Boskovsky reprenait cette version  chorale avec les héritiers du Männergesang-Verein

La version orchestrale acquiert une célébrité mondiale, lors de l’Exposition universelle de Paris, en 1867. C’est désormais la seule jouée par les Viennois le Premier janvier.

Lors d’un Disques en Lice, l’émission suisse de comparaison de disques à l’aveugle, le dimanche 1er janvier 1989, c’était, de manière inattendue, la version de Claudio Abbadocaptée le 1er janvier 1988, qui était sortie première de l’écoute.

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J’ai une grande tendresse aussi pour l’unique concert de Nouvel an dirigé par Karajan, un an et demi avant sa mort. Le vieux chef, d’ordinaire si impérieux, usé par l’âge et la maladie, semble comme libéré, heureux, en osmose avec ses chers Wiener Philharmoniker, qui lui avaient fait oublier sa brouille avec les Berlinois.

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Mais, pour cette valse comme pour beaucoup d’autres, le sommet interprétatif a été définitivement atteint, en 1989 et en 1992, par l’indépassable Carlos Kleiber 

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       2. Kaiserwalzer / Valse des Empereurs op.437. C’est une valse… berlinoise, improprement traduite en français par « valse de l’empereur’, alors que le titre allemand définitif  décrit une circonstance historique. C’est en 1889 à l’occasion de la visite à Berlin du souverain autrichien François-Joseph (le mari de Sissi !) à son voisin Guillaume II de Prusseque Johann Strauss écrit cette valse en guise de toast, intitulée Hand in Hand / Main dans la main. L’éditeur de Strauss, Simrock, suggère, lors de la création de la valse, le 21 octobre,  de l’appeler Valse des empereurs – c’est ainsi qu’on aurait dû traduire Kaiserwalzer ! – pour ne pas faire de jaloux entre les deux têtes couronnées (s’il s’était agi de la valse de l’empereur, le titre allemand eût été : Kaisers Walzer !)

Ma version préférée, sans doute la plus méconnue de la discographie straussienne : un chef d’origine hongroise, Carl von Caraguly né à Budapest en 1900, mort à Stockholm en 1984, après une carrière faite dans les pays scandinaves. Un seul disque de valses viennoises, enregistré en décembre 1971 à la Lukaskirche de Dresde avec la glorieuse Staatskapelle de la capitale saxonne. Une Kaiserwalzer jamais pesante ni martiale (comme dans la marche introductive), un mouvement irrésistible, des transitions à la fois libres et contrôlées entre les séries de valses, et cette sonorité orchestrale unique si bien captée par les micros est-allemands.

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      3. Roses du Sud / Rosen aus dem Süden op.388

Cette valse, fondée sur des motifs de l’opérette Das Spitzentuch der Königin / Le mouchoir en dentelle de la reineest l’une des plus belles et aristocratiques de la production de Johann Strauss. La mélodie qui l’ouvre faisait l’admiration de Brahms et Wagner.

Personne n’a égalé la tenue, l’allure, la ligne – et la simple beauté de l’orchestre – superbes cors viennois – de Karl Böhm, version enregistrée en 1972 dans l’acoustique idéale de la Sofiensaal.

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      4. Wein, Weib und Gesang / Aimer, boire et chanter op.333 est, comme Le beau Danube, d’abord écrite pour le Wiener Männergesang-Verein à l’occasion de l’accession à l’honorariat du chef du choeur, Johann Herbeck, le 2 février 1869. Comme les autres grandes valses, elle passe à la postérité dans sa version orchestrale.

Alors qu’une partie de la critique (française) égratigne volontiers, et injustement, Willi Boskovsky pour sa direction routinière, c’est bien lui qui donne la version de référence, lors du concert de Nouvel an 1979 : l’élan est irrésistible, exempt de toute vulgarité. C’est la version la plus rapide de la discographie.

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         5.     Künsterleben / Vie d’artiste op.316 est contemporaine du Beau Danube. Sa création, le 18 février 1867, lors du Carnaval, intervient trois jours après. Elle s’ouvre par une sublime phrase confiée au hautbois – la sonorité pincée si typique du hautbois viennois renforce encore la nostalgie du thème initial.

Belle version de concert du jeune Philippe Jordan avec les Wiener Symphoniker. Au disque, Carlos Kleiber tient le haut du pavé.

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       6. G’schichten aus dem Wienerwald / Histoires de la forêt viennoise op.325 date de 1868. Suite de six valses, elle se caractérise par une longue introduction et un solo de cithare, instrument populaire des tavernes de Grinzing et du Prater. Rudolf Kempe domine la discographie avec ses deux versions, avec les Wiener Philharmoniker en 1959, et la Staatskapelle de Dresde en 1974.

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       7. Frühlingsstimmen / Voix du printemps op.410 (1882) est l’une des rares valses de Strauss qui soient encore jouées dans ses deux versions, chantée – un « tube » pour les sopranos colorature – et orchestrale.

Deux versions chantées, quasi contemporaines, dominent : Hilde Gueden idéalement accompagnée par Joseph Krips à Vienne, et Rita Streich à Berlin

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Pour la version orchestrale, Carlos Kleiber s’impose sans rival !

 

8.  Josef Strauss : Delirien Walzer / Valse des délires op.212. On prête à Johann Strauss junior ce mot à propos de son frère cadet : « Je suis le plus célèbre, mais lui est le plus doué ». Lorsque, à partir de 1860, Johann, le succès aidant, est sollicité non seulement par Vienne et ses innombrables bals de confréries, associations et autres oeuvres ade charité, mais aussi par les grandes cours d’Europe, ses frères, Josef, puis Eduard, vont être de plus en plus mis à contribution pour répondre à la demande, composer et diriger valses, marches, quadrilles et polkas pour suppléer le grand frère. Josef Strauss écrit quelques-unes des plus belles pages de la valse viennoise (cf. ci-dessous), mais de santé fragile (il mourra en 1870 à 43 ans !), il est souvent sujet à des malaises, crises d’angoisse et autres signes de la maladie qui finira par l’emporter. Cette « valse des délires » -composée pour le carnaval de 1867 – est une sorte d’autoportrait du compositeur en butte à ses délires.

Le  champion toutes catégories de cette sublime valse est incontestablement Herbert von Karajan, qui a dû l’enregistrer pas moins de six fois (trois fois avec Vienne, deux fois avec Berlin et une avec le Philharmonia !) Ici un extrait, malheureusement amputé de son début, du concert de Nouvel an 1987.

Préférence pour les versions Berlin 1967 (DGG) et Vienne 1960 (Decca)

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9. Josef SraussSphärenklänge / Musique des sphères op.235. Un an après, autre valse de grande envergure, proche du poème symphonique, qui rencontre beaucoup de succès, un succès qui finit par faire de l’ombre à l’aîné Johann.

De nouveau Carlos Kleiber, en 1992, inimitable :

 

Il y aurait bien d’autres valses à référencer ici – d’autres articles suivront ! -, je voudrais clore cette première liste par une valse qui traduit à merveille le sentiment de nostalgie que diffuse la musique des Strauss et qui s’empare inexorablement de l’auditeur, Nachtfalter / Papillons de nuit op.157 (1854)

Zubin Mehtaproduit de la tradition viennoise, a souvent occupé le podium des concerts de Nouvel an des Wiener Philharmoniker. Prestations très irrégulières, d’où émergent, comme ici, d’incontestables réussites dans l’esprit et le style.

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En 2015 Sony a publié une fausse intégrale des concerts de Nouvel an, qui a le cruel mérite d’illustrer l’usure de cette manifestation annuelle, surtout depuis qu’elle est confiée à des baguettes qui ont peu d’empathie, voire d’appétit, pour ce répertoire.

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Voici ce que j’en avais écrit dans Diapason :

« Mit Chic » (titre d’une polka du petit frère Strauss, Eduard) au dehors – pochettes cartonnées, papier glacé au blason de l’orchestre philharmonique de Vienne, mais tromperie sur le contenu : « The complete works », une intégrale de la famille Strauss ? des œuvres jouées en 75 concerts de Nouvel an ? Ni l’une ni l’autre.

Mais le double aveu de l’inamovible président-archiviste de l’orchestre, Clemens Hellsberg, nous rassure : l’origine peu glorieuse – 1939, les nazis, un chef Clemens Krauss compromis – est assumée, le ratage, en 1999, du centenaire de la mort de Johann Strauss fils (et les 150 ans de celle du père) aussi. En 60 ans, les Viennois n’avaient joué que 14 % des quelque 600 opus des Strauss père et fils. Quinze ans après, le pourcentage s’est nettement amélioré : 265 valses, marches, polkas, quadrilles des Strauss, Johann I et II, Josef et Eduard, quelques Lanner (10), Hellmesberger (9), Suppé (5), Ziehrer (4), épisodiquement Verdi, Wagner, Brahms, Berlioz, Offenbach.

Un oubli fâcheux : les rares versions chantées de polkas (Abbado 1988 avec les Petits Chanteurs de Vienne) et de Voix du printemps (Karajan 1987 avec Kathleen Battle),

Rien cependant qui nuise au bonheur de cet orchestre unique, sensuel, miroitant, tel quele restitue l’acoustique exceptionnelle de la grande salle dorée du Musikverein, le chic, le charme, une élégance innée.

Les chefs, c’est autre chose : Carlos Kleiber, en 1989 et 1992, a placé si haut la référence– heureusement la quasi-totalité de ces deux concerts est reprise ici. Les grands habitués, Zubin Mehta, formé à Vienne (à lui Le Beau Danube bleu ) et Lorin Maazel se taillent la part du lion, Harnoncourt est insupportable de sérieux (une Delirien Walzer anémiée), Muti impérial, Prêtre cabotinant, Karajan réduit à la portion congrue (du seul concert de Nouvel an qu’il dirigea le 1er janvier 1987 l’anecdotique Annen Polka) et Boskovsky indétrônable pilier de 25 ans de « Nouvel an » (1955-1979) confiné aux compléments. Pourquoi tant de place pour les plus récents invités ? Barenboim empesé et chichiteux, Ozawa hors sujet, Jansons artificiel à force d’application, et l’anesthésique Welser-Moest.

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Les symphonies de Schubert

Comme beaucoup, j’ai commencé ma découverte des symphonies de Schubert par l’Inachevée,un 33 tours de la petite collection de mes parents (Guilde du disque ?), puis, adolescent, la 5ème symphonie, écoutée en boucle sur la chaîne Dual de mon « correspondant » allemand. Pas retenu le nom des interprètes ! Puis ce furent, dans l’ordre, les 2ème et 3ème symphonies par Lorin Maazel, la 6ème par Karl Böhm, et peu après les 3ème et 5ème par Beecham.

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Bien plus tard, quand Maazel sera réédité en CD, je trouverai ses interprétations univoques, brillantes, vives, enregistrées dans une stéréo dure et artificielle, manquant de tendresse. Avec des tempi à la limite du ridicule, comme dans le dernier mouvement – allegro moderato, et non prestissimo ! – de la 6ème symphonie.

Maazel aggrave son cas avec son intégrale tardive captée en concert à Munich en 2013 un an avant sa mort. Quelle utilité ?

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Quel contraste avec la vision bien pépère de Böhm, un allegro tellement moderato  qu’on s’endort avant la fin, avec laquelle j’ai découvert cette 6ème symphonie !

816AOYx5l7L._SL1500_C’est avec Böhm que je constituerai, disque après disque, ma première intégrale des symphonies. Je l’ai gardée, mais je me suis lassé d’un trop de sérieux, de sagesse, dans des oeuvres qui devraient respirer la jeunesse (Schubert a 16 ans quand il écrit sa 1ère symphonie… et il meurt à 31 ans !)

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Mon exploration de l’univers symphonique de Schubert se poursuit avec un disque singulier – Beecham l’est toujours ! -. Le chef anglais musarde, s’attendrit, épouse les humeurs du jeune homme qui a composé ces deux symphonies, et surprend par des tempi plutôt relaxed, comme disent les critiques britanniques.

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Lorsque Disques en lice comparera plusieurs versions de la 5ème symphonie, j’aurai d’abord un peu de mal à convaincre le producteur François Hudry d’intégrer Beecham à la compétition, il trouve le début vraiment trop lent. Et finalement ce sera la version primée par la tribune !

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Toujours en suivant la chronologie j’en pincerai un temps pour Sawallisch et la Staatskapelle de Dresde (Philips, 1967). Enregistrée de trop près, corsetée par une direction sans élan, la phalange saxonne est bien loin de l’univers schubertien (alors que le même équipage donnera quelques années plus tard, pour EMI, une intégrale des symphonies de Schumann qui fait toujours référence.

Au début des années 80, c’est une toute autre perspective, musicale et sonore – beauté de la prise de son ! – que nous offre Herbert Blomstedt avec le même orchestre. La plus « économique » et sans doute l’une des intégrales les plus homogènes.

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La critique s’emballera quasi unanimement pour Abbado, qui publie une version « chambriste » des symphonies, il y a trente ans exactement. J’avoue que je n’accrocherai jamais vraiment. C’est propre, bien joué, mais franchement l’imagination est aux abonnés absents.

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Même impression d’ensemble avec Barenboim qui s’ennuie à Berlin, et « wagnérise » les dernières symphonies.

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Avant lui, Karajan avait cédé à la demande d’EMI – un label qu’il retrouvait en 1969/70 après la première période Legge, sous l’impulsion de son agent Michel Glotz – et gravait une intégrale, bâclée, empesée, presque brucknérienne. Evitable !

À Londres, pendant la décennie 80, l’inépuisable défricheur qu’était Neville Marriner réalisait pour Philips d’abord un authentique travail musicologique sur les partitions de Schubert, et enregistrait, souvent en première mondiale, les compléments, fragments réalisés, recomposés par Brian Newbould

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La décennie suivante, Harnoncourt tient la vedette, en soumettant le vénérable Concertgebouw d’Amsterdam à un traitement de choc. Cela nous vaut des symphonies de Schubert peu orthodoxes  ‘Mais le respect que l’on doit au travail de pionnier de Harnoncourt, à son esprit d’aventure, n’empêche pas qu’on peut sortir furieux de l’écoute d’une telle intégrale, même pour les premières symphonies, qui selon la critique supportaient mieux le traitement que leur fait subir le maestro viennois. À chaque note ou presque, Harnoncourt se demande ce qu’il va en faire, ou plutôt comment il va en faire quelque chose à quoi les autres n’avaient pas pensé. Le plus intérieur des compositeurs sort défiguré par tant d’affêteries, par tant de narcissisme » (commentaire posté sur Amazon).

On n’est pas loin de partager cet avis. Entre le menuet mené à train d’enfer de la 4ème symphonie, et le lentissime 4ème mouvement de la 6ème symphonie, Harnoncourt fait du Harnoncourt plus que du Schubert.

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Le chef disparu en 2016 avait refait une intégrale en concert à Berlin. Je ne l’ai pas écoutée, mais les quelques extraits que j’en ai entendus ne m’ont pas convaincu.

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Alors vers quelles intégrales se tourner ?

Le probe Günter Wand ? Son intégrale reparaît ces jours-ci en coffret « super-éco »

81v45HxLUML._SL1500_.jpgLe bel équilibre, les timbres chatoyants des Viennois, mis en valeur par Riccardo Muti au début des années 90 ? Coffret EMI « super-éco » republié par Brilliant Classics.

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Mais si l’on veut vraiment explorer tout le spectre de l’univers de Schubert le Viennois, on se fiera à deux guides qui, chacun à leur manière, nous donnent à entendre tous les visages de Franz, avec les timbres uniques des Wiener Philharmoniker

Le surdoué Istvan Kertesz (1929-1973) :

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et son aîné Karl Münchinger (1915-1990), dont Eloquence nous a restitué tout récemment une superbe quasi-intégrale

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Dans la même perspective « traditionnelle », j’aime beaucoup les enregistrements réalisés par Colin Davis à Dresde à la fin des années 90.

71iWuvP-vdL._SL1500_Tendresse particulière pour la démarche toujours si inspirée, infiniment respectueuse des partitions, du très regretté Frans Brüggen (1934-2014)

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Et pour moi une récente redécouverte (lire Schubert à Santorin) la vision proche de l’idéal (de mon idéal ?) de Yehudi Menuhin : la grâce, l’élan, la tendresse, la justesse du mouvement.

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Warner a consacré une monumentale et luxueuse édition à Menuhin, soliste, chambriste (Menuhin Century) à l’occasion de son centenaire en 2016. Dommage qu’on n’ait pas saisi l’occasion de rééditer le legs symphonique du grand musicien. Warner nous le doit bien…

Enfin, la très bonne surprise de ces dernières semaines, c’est la réédition – superbe mono – d’un bouquet de symphonies par le grand Eduard Van Beinum.

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